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Starter for Ten, de David Nicholls

Starter for Ten

Titre: Starter for Ten

Éditeur: FLAME / Hodder & Stoughton

Date de publication: 2004

Langue: Anglaise

Nombre de pages: 473 pages

Quatrième de couverture (en anglais):

Q. What does a woman really look for in a man?

A. Advanced general knowledge, of course.

1985. First-year student and Kate Bush fan Brian falls for beautiful University Challenge queen Alice Harbinson in a brilliant comedy of love, class, growing-up, and the all-important difference between knowledge and wisdom.

Starter For Ten is the funniest book of the year, but for Brian Jackson, true love is no laughing matter…

Mon avis:

Je n’ai pas posté beaucoup de chroniques ces derniers temps. Pourtant, j’ai deux ou trois livres à chroniquer; j’avoue que j’ai été un peu paresseux ces derniers temps. C’est l’été, c’est pour ça. Voilà. Bref.

Starter for Ten est un de ces livres! D’ailleurs, c’est un livre voyageur. Je l’ai découvert au mois de juin (si je ne m’égare pas) dans ma boîte aux lettres. J’étais vraiment surpris d’y trouver un livre, vu que je n’avais rien commandé sur The Book Depository… Il se trouve que c’est en fait un cadeau! Oui, vous avez bien lu 😀 Lauranne, l’amie qui m’avait recommandé One Day, m’a offert son exemplaire de Starter for Ten, qui est aussi de David Nicholls. Cette attention m’a sérieusement énormément touché, et elle le sait, mais je le redis encore: merci Lau! 🙂

Donc, comme je le disais ce livre a voyagé. D’après ce que m’a dit Lau, elle l’a acheté d’occasion en Écosse, elle-même l’a lu en Espagne. Il est ensuite retourné au Royaume-Uni pour finalement débarquer en Suisse, et être transporté jusqu’au Portugal, où il a été lu. J’espère que ce livre est heureux d’avoir vu autant de paysages, huhu.

Mais venons-en à ce qui vous intéresse vraiment, à savoir: le livre! Il raconte l’arrivée de Brian Jackson dans une université britannique prestigieuse. Là-bas, il va vivre plusieurs expériences: la première sera de tomber amoureux d’Alice Harbinson, la deuxième de participer au jeu télévisé University Challenge, qui est une sorte de concours testant la culture générale des plus grandes universités du Royaume. Brian fera donc de son mieux pour séduire Alice, qui participe également au concours. Il rencontrera également d’autres personnes, comme Rebecca Epstein, une sympathique Juive politiquement engagée, Lucy et Patrick, les autres membres de l’équipe du Challenge, ou encore ses colocataires.

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié le personnage de Brian. Je le trouve plutôt original. C’est un orphelin de père, plutôt boutonneux, qui a envie de tout connaître. Et dont la vie sexuelle ressemblerait plutôt à « Cent ans de solitude », comme il le suggère à Alice quand celle-ci est en train de lire ce livre. Pour moi, ça a vraiment été un personnage attachant, et j’ai beaucoup apprécié son humour. Comme le roman est écrit à la première personne, il est difficile de ne pas rire du début à la fin du livre. Néanmoins, il y a d’autres passages où j’ai trouvé Brian très profond – bien évidemment, il est intelligent. – et où je pouvais facilement me reconnaître, comme par exemple, cet extrait.

‘Well, I really value my independence, too!’ I say, though this is of course a lie of absolutely epic proportions, because what am I supposed to do with independence? You know what ‘independence’ is? ‘Independence’ is staring at the ceiling in the middle of the night with your fingernails digging into the palms of your hand. ‘Independence’ is realising that the only person you’ve spoken to all day is the man in the off-licence. ‘Independence’ is a value meal in the basement of Burger King on a Saturday afternoon. When Alice talks about ‘independence’ she means something completely different. ‘Independence’ is the luxury of all those people who are too confident, and busy, and popular, and attractive to be just plain old ‘lonely’.

And make no mistake, lonely is absolutely the worst thing to be. Tell someone that you’ve got a drink problem, or an eating disorder, or your dad died when you were a kid even, and you can almost see their eyes light up with the sheer fascinating drama and pathos of it all, because you’ve got an issue, something for them to get involved in, to talk about and analyse and discuss and maybe even cure. But tell someone you’re lonely and of course, they’ll seem sympathetic, but look very carefully and you’ll see one hand snaking behind their back, groping for the door handle, ready to make a run for it, as if loneliness itself were contagious. Because being lonely is just so banal, so shaming, so plain and dull and ugly.

De même les autres personnages sont tous intéressants. Alice Harbinson pourrait être le stéréotype de la jeune cheerleader américaine écervelée, mais elle est beaucoup plus compliquée que ça. Ce qui rend le personnage plus intéressant, et de même pour ce qui se passe entre elle et Brian – même si l’on ne cesse de se demander au long du livre s’ils sont vraiment faits l’un pour l’autre. Rebecca Epstein, d’un autre côté, est également un personnage attachant: on a tous un/e ami/e politiquement engagé/e et au caractère un peu fort. Il en va de même pour le reste des personnages du roman: si vous êtes (ou êtes allés) à l’Université, vous avez forcément rencontré des personnes partageant des traits communs avec les connaissances de Brian.

J’ai également beaucoup apprécié la façon dont l’auteur décrit les relations dans le livre. David Nicholls sait retranscrire des émotions avec une facilité et une finesse impressionnante. Par exemple, la relation entre Brian et sa mère est étonnante de réalisme: alors qu’un auteur un peu moins intelligent aurait pu sombrer dans quelque chose de mièvre (l’orphelin qui déborde d’amour pour sa mère) ou de pathétique (l’orphelin qui hait sa mère), Nicholls dépeint quelque chose de plus subtil, de plus difficile à décrire. Il en va de même pour toutes les relations qu’entretient Brian. J’aurais du mal à en parler clairement, mais je pense que si vous avez mon âge (et celui de Brian, par conséquent), vous verrez de quoi je veux parler.

Les thèmes du livre m’ont aussi touché. Encore une fois, comme pour One Day, c’est parce que je me reconnais dans la plupart des thématiques exploitées dans le livre. On parle d’université, de début dans la vie étudiante, de recherche de soi, etc. Si One Day m’avait plu sur ce point-là, Starter for Ten me ravit plus, puisque le héros est un homme. Et c’est bête, mais oui, je m’identifie plus à un héros mâle qu’à un héros féminin (parce que je n’ai pas vraiment la vie de Dexter, en fait). Je vais d’ailleurs encore citer un passage du livre, une réflexion de Brian:

I know the difference between a pterosaur, a pteranadon, a pterodactyl and a ramphorhynchus. I know the Latin name for most of the common domestic British birds. I know the capital cities of nearly every country in the world, and most of the flags too. I know that Magdalen College is pronounced Maudlin College. I know the complete plays of Shakespeare except Timon of Athens, and the complete novels of Charles Dickens except Barnaby Rudge, and all the Narnia books, and the order in which they were all written, approximate in the case of Shakespeare. I know every lyric of every song Kate Bush has ever recorded, including B-sides, as well as the highest chart position of every single she’s released. I know all the French irregular verbs, and where the phrase ‘toe the line’ comes from, and what the gall bladder’s for, and how oxbow lakes are formed, and all the British monarchs in order, and the wives of Henry VIII and their fate, the difference between igneous, sedimentary and metamorphic rocks, and the dates of the major battles of the War of the Roses, the meanings of the words ‘albedo’, ‘peripatetic’ and ‘litotes’, and the average number of hairs on a human head, and how to crochet, and the difference between nuclear fission and fusion and how to spell deoxyribonucleic and the constellations of the stars and the population of the earth and the mass of the moon and the workings of the human heart. And yet the important and most basic things, like friendship, or getting over Dad dying, or loving someone, or just simply being happy, just being good and decent and dignified and happy, seem to be utterly and completely beyond my comprehension. And it occurs to me that I’m not clever at all, that in fact I am without a doubt the most ignorant, the most profoundly and hopelessly stupid person in the whole world.

Et je vais m’arrêter ici. Je ne sais plus quoi dire sur ce livre, parce que je l’ai lu il y a trop longtemps. Mais il a vraiment été un coup de coeur pour moi: il est intelligent, touchant et drôle. Je le recommande à tout le monde, vivement! (Le seul point négatif étant qu’il n’a pas (encore) été traduit en français.)

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